Ecole n°2 – novembre 2017

Ecole n°2

Les habitants des bois que nous connaissons nous réclamaient une deuxième école, nous l’avons faite !

Cette fois-ci, nous avons voulu une école mobile, qui puisse être déplacée et reconstruite rapidement après une expulsion. Nous avons testé sur la friche de l’Espace Imaginaire à Saint-Denis un système solide (bien que léger et non fondé), construit à partir d’éléments en partie pré-montés. Ce système associe des palettes et bâches de récupération, ainsi que 12 bambous de bonne taille. Avec les palettes, nous avons constitué des modules servant d’éléments constructifs pré-construits et devenant des alcôves tournées vers le paysage.

Ecole n°2 dessins

Leur disposition le long d’une « nef » a permis d’associer un espace central collectif et des espaces plus intimes où étaient disposés des tables et des bancs fixes donnant aux enfants un espace de concentration individuel. C’est une architecture légère, mais où l’on peut s’adosser, s’appuyer, et se sentir à l’intérieur dans la grande forêt.

Cette école numéro 2 a donné satisfaction pour son usage et sa solidité. Elle a servi tout l’hiver pour une dizaine d’enfants (nous étions dans un bidonville de petite taille) et s’est également transformée en salle polyvalente à l’occasion.

Les bâches étant fixées sur les bambous enfilés dans l’épaisseur des palettes, le toit a été monté rapidement, en équipe pour le levage. En l’absence de voligeage intermédiaire, cette toiture est particulièrement économe en matière et en mise en oeuvre. En revanche, malgré  la participation sur place et les nombreux coups de main, les finitions ont pris encore trop de temps, notamment sur les pignons. La météo a également ralenti le chantier, la boue importante du sol nous faisant repousser toujours les finitions de tissus prévues sur les parois des alcôves.

La mobilité réelle de cette construction dépend aussi de la possibilité d’intervenir très vite lorsqu’un risque de démolition s’annonce. Cette fois-ci, la police est passée avant nous et a détruit l’ensemble avec application, mobilier compris (sans motif ni avis juridique).

Nous espérons refaire une construction de ce type en améliorant encore la conception et en organisant davantage le chantier.


Ont participé à ce chantier avec Système B :

les habitants du terrain et particulièrement les enfants,
les étudiants du cours « Bidonvilles et habitats précaires » à l’Eav&t,
Lo, Guillaume, Marie.
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